Réminiscences industrielles, découvertes de nouveaux mondes, la musique inaugure un ultime voyage dans l’espace côtoyant de nouveaux sons transformant l’esprit en anti-matière inversion d’un univers à l’époque de son unique noyau.

Les Chemical Brothers avec leur nouvel album « Further » rêvent une fois de plus, immobiles, tournoyant sur eux-mêmes, gravitant au centre de la voie lactée, fixés sur un pied comme de grands flamants roses ébahis par la beauté du silence. Ici peu de mouvements mais de petites pastilles numériques qui scintillent, des rythmes qui se créent et des molécules sonores qui s’agrègent. Subitement des supernovas explosent, des pulsars tournent à la vitesse de la lumière, mais l’univers du duo n’est pas chaotique. Il tient en équilibre. Il cherche la justesse. Pas de spontanéité ni de grandes émotions mais de la sagesse. Pas d’instinct sauvage mais de la réflexion. L’album suspend son temps et dans cet espace émerge une symphonie transcendante quittant la réalité pour quêter l’inexprimable. La formation britannique affiche les deux mêmes visages, Tom Rowlands et Ed Simons, qui avec le premier album « exit planet dust » en 1995 désiraient déjà quitter notre monde. Cette fois ci,15 ans plus tard, avec « Further » les Chemical Brothers regardent subrepticement vers le passé, tournant légèrement la tête, mais l’énergie est différente. La puissance s’est éteinte pour faire place à une jouissance mesurée. Les musiciens recherchent la quiétude et l’échappatoire. Il tente la dissolution du « moi » fixant les profondeurs dans lesquelles ils désirent s’immerger. Puis les frères se détachent ramenant toute excitation au néant et donnent à notre temps un dernier signe : ne pense pas.